| On dit de Potosi que c’est une des plus belle ville d’Amerique du Sud et je comprends pourquoi. Potosí l’impériale comme l’avait appelé Charles Quint. “Je suis la riche Potosí, le trésor du monde et la convoitise des rois”. Une impression d’être en Espagne, petites rues pavées, maisons colorées jaune, rouge et dans les tons orangés. Des petites places où il fait bon flaner, boire une jus de fruits frais pressé sous nos yeu, regarder la vie de la ville ! Nombreuses églises et batiments religieux (couvents, reconvertis en hotel pour certains, etc) dans cette ville classée au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. « La Casa de la Moneda », batiment magnifique où furent marteler les premières pièces d’argent pour les conquistadors espagnols, une visite à faire pour l’histoire et la splendeur de l’architecture baroque (cf album Potosi). Sont retracés ici, les débuts de la fabrique des pièces, de la frappe à la main puis les machines a engrenages aussi appelées « Molinos de Sangre » (les roues étaient entraînées par des esclaves indiens ou africains) jusqu’a la derniere machine életrique. 2h retracant les caprices du roi d’Espagne et plus tard de celui de Bolivie. Tant de richesses affichées... ! Mais pou fabriquer tout cela, il fallait de l’argent (minerai) et c’est la que le bas blesse ! Direction les mines ! Potosi etait la premiere mine d’argent de Bolivie. Découverte en 1545 par un indien de l’Altiplano, les mines de l’impériale Potosi (la seule ville dAmerique Latine a avoir eu ce rang) ont été exploitées pendant plus de 3 siècles. Il est dit (selon les vieux indiens qui racontent les légendes) que l’on aurait extrait suffisamment d’argent pour construire une deux voies jusqu’a Madrid... ! C’est peut être de là qu’est venue l’expression « rouler sur l’or » ???? A cette époque, Potosi esr aussi importante que Paris ou Londres (c’est pour dire). Certains auteurs lui font même référence, c’est le cas dans Don Quichotte, où l’auteur (Cervantes pour les incultes) fait dire au héros « Vale un Potosi » (cela vaut un Potosi) pour dire l’inestimabilité d’une chose ! Aprés des siècles d’exploitations (des mines, des indiens Quechuas et des Africains), l’argent commenca à s’épuiser (un peu comme chez nous en ce moment, sauf qu’on ne parle pas du minerai) et Potosi l’Impériale fût peu a peu delaissée au profit d’autres mines découvertes au Mexique, Pérou... Le retrait de la Comibol (entreprise gouvernementale exploitant les mines et les mineurs...) il y a quelques dizaine d’années n’arrangea rien. Le gouvernement Bolivien en bon prince incita les mineurs a former des coopératives pour continuer l’exploitations (seuleument des mines cette fois ci). Aujourd’hui, quelques 50 coopératives se partagent le « Cerro Rico » dans des conditions qui n’ont pas changé depuis 100ans, lamentables. 8h de travail quotidien minimum pouvant aller jusqu’a 24h... a des températures entre 10 et 40degrés! (Et après chez nous ca gueule quand ca bosse plus de 35h par semaine... !) Un travail ingrat mais « ici on est mineur de générations en générations et c’est comme ca » comme le disent les mineurs et ca ne s’arrêtera que lorsque l’on ne pourra plus exploiter la « Sumja Orcko » (en Quechua dans le texte « La Plus Belle Montagne »). Ce n’est donc pas près de s’arrêter car malgré les 10 000 galeries et les km de rails, il y a encore du « potentiel ». Une ville controversée entre richesse du patrimoine de l’humanité et pauvreté minière. Potosi est vraiment une ville magnifique où il fait bon vivre malgré ses 4090m et ses nuits glaciales. Une ville qui (comme lorsque je suis trop longtemps en présence d’israéliens) entre en ébullition en soirée. Les rues (enfin LA rue) deviennent des fourmiliéres où se croisent étudiants, personnes actives, touristes perdus et autres vendeurs de tout et rien. Une étape obligée en Bolivie même si l’on ne veut pas visiter les mines. Sortez un peu des sentiers battus du centre historique, laissez vous aller dans les quartiers populaires et découvrez les "vrais potosinos". |